Si la notion d’économie d’énergie est concrète pour les ménages, qui au moment de payer leurs factures ont en référence le montant de leurs précédentes consommations et peuvent infléchir les prochains couts en faisant évoluer leurs comportements, les choses sont différentes quand il s’agit de bâtiments publics. Plusieurs bâtiments, des usages hétérogènes, des années de constructions et des normes de qualité distinctes, il n’est pas simple de s’y retrouver pour savoir si le fonctionnement de chaque bâtiment est vertueux ou si des économies sont possibles.
Gisements d’économies
Les principaux gisements d’économies d’énergie pour les bâtiments communaux se situent autour du fait de chauffer ou refroidir les intérieurs. Cela est valable pour les bureaux, lieu de restauration, espace culturel et associatif, et aussi pour des espaces plus volumineux tel que salle de sport, atelier municipal, lieu de culte.
Une économie est une dépense qu’il est possible d’éviter, tout en gardant un niveau de confort convenable pour les utilisateurs. Parmi les économies possibles, nous pouvons citer, par ordre de facilité de mise en œuvre :
- Le fait de baisser légèrement la consigne de thermostat
- Le fait de chauffer ou refroidir au bon moment, en fonction d’un calendrier d’utilisation, des prévisions météo, des périodes tarifaires, avec un système domotique adapté
- Le fait d’engager des travaux de rénovation énergétique du bâtiment
Mesurer, comprendre, décider !
Mais comment savoir quel choix aura le meilleur retour sur investissement, afin d’engager au mieux les finances publiques ?
Chaque bâtiment public étant unique dans sa fabrication et son usage, le prérequis est de disposer des données réelles sur son fonctionnement. Cela permet de laisser de côté les idées préconçues ou toujours admises comme vérité sans jamais avoir été vérifiées.
Avec quelques capteurs placés dans le bâtiment, il est possible de rapidement connaitre la température réelle et l’humidité, l’occupation, la consommation d’énergie tel que l’électricité, le gaz, le réseau de chaleur. Il est alors simple de suivre heure par heure, les différentes courbes et les comparer avec l’occupation faite des espaces. L’analyse des courbes révèlent dans la plupart des cas des potentiels d’économie.
De là, on peut commencer à poser un diagnostic :
Quand le bâtiment est occupé, quelle est la température réelle et sa consommation d’énergie ? quand est-il lorsque le bâtiment est inoccupé ?
Y a-t-il une différence entre la température réelle et le confort ressenti ?
Les utilisateurs se servent il des thermostats pour ajuster la température ?
La consigne de chauffage / refroidissement est-elle réduite chaque fois que le bâtiment est inoccupé ?
Quelle est l’inertie du bâtiment et quelle température minimale vaut-il mieux maintenir ?
Armée des données analysées, le choix de la bonne stratégie fait alors consensus entre le conseil municipal et les citoyens.
C’est ainsi que sur ces 5 dernières années, il a été possible de réduire jusqu’à 39% le coût énergétique de certains bâtiments public sur La Côte. Ceci tout en augmentant significativement le confort des utilisateurs. Avec une économie réalisée étant le double du montant investi, il est possible de conclure que la stratégie adoptée était la bonne décision.
Les actes d’aujourd’hui préparent notre avenir
L’émancipation de notre modèle de société repose en partie importante notre capacité à utiliser l’énergie pour faire travailler des machines à notre place afin d’en tirer un bénéfice. Cependant l’’utilisation de ces énergies pose plusieurs problèmes tel que l’épuisement des ressources, la pollution émise pour son exploitation, la dépendance à certains pays, l’émission de CO2.
Afin de continuer à profiter du confort apporté par l’énergie, il est plus que jamais primordial de l’économiser, pour soigner nos deniers publics, faire preuve d’exemplarité et préparer un avenir enviable !
Sebastien Bergin
Président de la fédération suisse de domotique
Chef de projet domotique et smartbuilding chez brainybiz.com

